La jeunesse n’est pas une menace, elle est notre avenir !

Depuis la fin septembre, des centaines de milliers de lycéens, rejoints par les étudiants, se mobilisent partout en France. Tout est parti d’un lycée de Mayotte, puis des Antilles, puis de Créteil où manquaient trois professeurs, une proviseure adjointe, une assistante sociale et une psychologue scolaire. Leurs revendications sont simples : des professeurs devant chaque classe, des remplaçants quand un enseignant est absent, des classes qui ne dépassent pas 35 élèves, des infirmières, des assistants sociaux, des bâtiments où l’on n’étouffe pas en juin et où l’eau coule au robinet. Ils réclament le droit d’apprendre dignement. Rien de plus.

Ce constat n’est pas nouveau. Depuis 2017, des milliers de postes d’enseignants ont été supprimés dans les collèges et lycées publics. Le budget 2026 en a encore supprimé environ 4 000, au nom de la baisse démographique, alors que nos classes restent parmi les plus chargées d’Europe. Des milliers de postes ne trouvent plus preneur aux concours, faute d’attractivité du métier. Pendant ce temps, Parcoursup fait peser sur des adolescents de 17 ans une pression permanente et opaque sur leur avenir. 100 000 jeunes n’ont pas de solutions à leur souhait d’orientation..

Le délitement de l’école publique est le fruit de choix politiques.

Face à cette jeunesse qui demande à être entendue, quelle a été la réponse ?

D’abord la matraque.

Plus de 6 800 interpellations en trois semaines. Un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade devant son lycée à Lens. Un collégien de 14 ans a eu la mâchoire fracassée par un tir de LBD à bout portant dans le Val-d’Oise. À Tours, un adolescent a perdu un œil lors du blocus de son lycée. Plus de 240 élèves ont été blessés. Les lycéens ont résumé la situation en une phrase : « On veut juste le BAC, ils nous envoient la BAC. »

Le 9 octobre, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme s’est publiquement alarmé de la situation en France. Il a rappelé le droit des jeunes à se rassembler pacifiquement et a mis en garde contre tout recours disproportionné à la force.

Nous ne fermons pas les yeux sur les dégradations ni sur les policiers et personnels blessés : la violence n’est jamais une solution, d’où qu’elle vienne. Mais c’est précisément pour cela qu’il fallait écouter plus tôt. On ne laisse pas pourrir un mouvement de jeunes pour ensuite déplorer les drames.

On s’assoit, on écoute, on construit des réponses.

Il faut aujourd’hui apaiser, réparer, et renouer le lien entre la nation et une génération qui gardera longtemps le souvenir de la façon dont elle a été traitée.

Et à Meyrargues ?

Ce mépris national a son reflet local. À Meyrargues, aucun dispositif municipal dédié aux jeunes entre 11 et 18 ans.

Pas de lieu d’accueil, pas d’animateur dédié, pas de projets, pas de séjours. Passé l’âge du centre aéré, nos jeunes disparaissent des politiques municipales, sauf lorsqu’il s’agit de sécurité. L’une des rares mesures qui les concernent a été un couvre-feu. Ils ne sont alors regardés que comme des fauteurs de troubles potentiels.

Nous refusons ce regard. Un jeune de 14 ans n’est pas un problème à gérer : c’est un citoyen en construction et en voie d’émancipation, la relève de notre village, une richesse qu’il nous appartient d’accompagner. L’absence de politique jeunesse n’est pas une neutralité, c’est un choix, et ce choix laisse nos adolescents seuls face à l’ennui, à l’isolement et parfois à l’échec.

Nous demandons, une nouvelle fois, à l’équipe en place :

  • la création d’un espace jeunes ouvert aux 11-18 ans, avec des animateurs qualifiés ;
  • la mise en place d’un conseil municipal des jeunes, représentatif des différents quartiers de la commune et doté d’un budget dédié et de réels moyens d’action ;
  • des projets et des séjours accessibles à toutes les familles, grâce à une tarification solidaire ;

Aux lycéens et étudiants mobilisés, nous disons notre soutien et notre admiration. Vous avez raison de vouloir mieux. Vous n’êtes pas une menace.

Vous êtes notre avenir.

Les élus de Meyrargues citoyenne et solidaire