Couvre-feu des mineur·es à Meyrargues : la justice suspend l’arrêté du maire 

Le 24 juillet 2026, le tribunal administratif de Marseille a suspendu l’arrêté municipal du 15 juin 2026 instaurant un couvre-feu pour les mineur·es de moins de 16 ans dans le centre de Meyrargues (lire l’arrêté). C’est la Ligue des Droits de l’Homme qui a saisi le juge des référés.

Article sur le site de la LDH
Ce que dit la décision du tribunal

Le jugement  est clair : la commune de Meyrargues « n’apporte aucun élément à l’appui de ses allégations » concernant l’implication des mineur·es dans les troubles invoqués. Elle note aussi que “le couvre-feu n’est pas nécessaire alors que d’autres mesures de police moins contraignantes peuvent être mises en place” et conclut que le maire a porté « une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’aller et venir. »

C’est exactement ce que nous demandions : des éléments concrets justifiant cet arrêté. Le maire n’en a pas produit. Et la commune n’a même pas présenté de mémoire en défense devant le tribunal. 

Cette décision n’est pas une surprise juridique — elle s’inscrit dans la lignée de la décision pour Béziers en 2018, que nous citons dans notre article (“Couvre-feu pour les mineurs : une mesure qui cache les problèmes plutôt qu’elle ne les résout”) et dans notre courrier adressé au maire. La liberté est la règle, la restriction est l’exception et l’exception doit être strictement justifiée.

Notre position

Nous nous réjouissons de cette décision — non pas par plaisir de voir la commune condamnée, mais parce qu’elle rappelle un principe fondamental : on ne restreint pas la liberté d’enfants sans raison valable, même avec les meilleures intentions du monde.

Nous ne nions pas les nuisances vécues par certain·es habitant·es. Les rodéos moto, les regroupements nocturnes bruyants, les dégradations — ce sont des réalités qui méritent une réponse. Mais stigmatiser et restreindre la liberté de l’ensemble des mineur·es du centre-village n’en est pas une.

Et maintenant ?

La suspension de l’arrêté ouvre une opportunité. Nous espérons que la commune saisira enfin cette occasion pour engager une vraie démarche de mise en œuvre d’une politique jeunesse inexistante aujourd’hui : un diagnostic des besoins des jeunes, des activités estivales accessibles, un espace dédié, un travail de médiation et de cohésion sociale. Des outils qui s’attaquent aux causes, pas aux symptômes, et qui accompagnent la jeunesse au lieu de la stigmatiser.

La tranquillité publique se construit avec l’ensemble des habitant·es, l’approche doit être globale et multigénérationnelle. 

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